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Don et greffe d’organes et de tissus

Infirmière en hémodialyse pendant de nombreuses années, Kathleen a vu des vies transformées grâce à une greffe de rein. Elle a toujours cru au don d’organes et n’a jamais hésité à en parler, en particulier avec ses deux filles, Rowan et Cassie.

C’est pourquoi il y a près de trois ans, elle était on ne peut plus fière lorsque sa fille Rowan, sitôt après avoir reçu son permis de conduire, a signé la carte de don d’organes qui accompagnait son nouveau permis. Rowan a posté sa carte le jour même.

« Je nous revois tous assis à la table de cuisine à discuter. Nous parlions souvent du don d’organes, même quand les filles étaient petites, se souvient Kathleen. Mon mari, Gordon, et moi leur avions clairement dit que nous voulions faire don de nos organes à notre décès. Quand Rowan a signé sa carte, j’étais tellement fière de voir qu’elle avait entendu notre message et qu’elle avait les mêmes valeurs que moi. »

C’est ce beau souvenir qui a aidé Kathleen à garder le moral lorsqu’elle et sa famille ont fait débrancher Rowan des appareils qui la maintenaient en vie. « Cette décision aurait pu être difficile, mais pour nous, ce n’était pas notre décision, c’était celle de Rowan. Nous tenions à respecter sa volonté », confie Kathleen.

Le destin bascule

Rowan était douée pour les sports et en pratiquait plusieurs. Elle aimait particulièrement le rugby. Elle connaissait une saison stimulante comme co-capitaine de l’équipe féminine de son école secondaire lorsque le drame est survenu. Elle avait joué plusieurs parties en peu de temps et s’était fait souvent plaquer. Elle avait même reçu un violent coup à la tête.

Les Stringer ont découvert par la suite que leur fille soupçonnait ce coup d’avoir provoqué une commotion cérébrale. Mais comme Rowan n’était pas certaine de son diagnostic et qu’elle avait vraiment envie de jouer, elle a tu ses inquiétudes et s’est préparée pour le match suivant, qui avait lieu deux jours plus tard.

Après un jeu particulièrement intense, une adversaire l’a agrippée par le chandail et l’a envoyé valser au sol. Rowan a atterri durement en se frappant la tête. Après le choc, elle s’est assise quelques secondes, mais elle est aussitôt retombée. On l’a conduite d’urgence au Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario.

L’adolescente a été victime du syndrome du second impact. Comme l’indique son nom, ce syndrome survient après un second coup à la tête. Il se caractérise par une accumulation de liquides dans le cerveau et une enflure du cortex cérébral.

Rowan a été mise sous assistance respiratoire et les Stringer sont restés à son chevet, attendant que son état s’améliore. Mais loin de s’améliorer, il s’est aggravé. « Nous savions à ce moment-là que Rowan ne serait plus jamais la même. Nous savions aussi qu’elle ne voudrait pas vivre comme ça, dit Kathleen. Honorer ses dernières volontés nous a aidés à nous concentrer sur autre chose. »

Un héritage inestimable

Kathleen a reçu un premier envoi du Réseau Trillium pour le don de vie le jour où Rowan aurait célébré ses 18 ans : le 25 juin 2013.

Beaucoup d’organismes de coordination de dons d’organes, dont le Réseau Trillium, en Ontario, permettent aux gens qui ont reçu un organe d’écrire aux familles des donneurs. Les lettres sont écrites de façon anonyme et sont postées par l’organisme.

La première lettre adressée à la famille de Rowan provenait de la personne qui avait reçu son cœur. Le message était court, mais exprimait une profonde gratitude.

La deuxième lettre, livrée juste avant les Fêtes de la même année, avait été écrite par un adolescent de 13 ans qui avait reçu un rein. Sous dialyse nocturne pendant presque toute sa vie, il n’avait jamais pu aller dormir chez un ami. Il s’apprêtait à vivre l’expérience pour la première fois et était très excité. Curieux hasard, Rowan adorait les soirées pyjama.

Outre ces lettres touchantes, Kathleen a reçu de vive voix le vibrant témoignage de la femme qui a reçu les poumons de sa fille. Après un premier contact sur la page Facebook consacrée à Rowan, les deux femmes se sont rencontrées au Nouveau-Brunswick, chez la nouvelle greffée. Elles ont discuté pendant des heures. La jeune femme a raconté à Kathleen que sans les poumons de Rowan, elle aurait été emportée par la fibrose kystique, une maladie dont elle avait souffert toute sa vie. La double greffe lui avait donné la chance de rester auprès de son mari et de leurs trois enfants adoptifs.

« Quand nous avons reçu l’appel nous apprenant que les greffes avaient réussi, cela nous a mis du baume au cœur, poursuit Kathleen. Nous sommes tellement fiers que Rowan ait fait ce choix; sa décision nous aide aussi à faire notre deuil. »

Aujourd’hui, les Stringer continuent d’honorer la mémoire de Rowan de diverses manières. Par exemple, ils participent à des événements de la Société canadienne du sang et de la Fondation canadienne du rein pour inciter les gens à envisager le don d’organes.

Le couple a aussi très à cœur de promouvoir la prévention des commotions cérébrales et de sensibiliser les jeunes. En collaboration avec leur députée provinciale, Lisa MacLeod, les Stringer travaillent à faire adopter la Loi de Rowan, une loi visant entre autres à assurer un meilleur traitement des commotions cérébrales en Ontario. Pour en savoir plus, consultez le site sur la Loi de Rowan.


 
Renseignez-vous sur le don et la greffe d’organes et de tissus.

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