Donneurs

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L’histoire de Chad Walters, un travailleur social de 31 ans, est un bel exemple d’écoute et de dialogue.

Lorsqu’il avait 17 ans, Chad a appris qu’il ne pouvait pas donner de sang à cause de la politique de la Société canadienne du sang visant les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Pendant des années, il s’est senti lésé par une politique qu’il jugeait injuste. Un jour, il a décidé d’exprimer son mécontentement dans un billet publié dans un journal local. L’article a retenu l’attention de Dana Devine, chef des affaires médicales et scientifiques à la Société canadienne du sang, qui l’a invité à venir discuter avec elle.

Après leur discussion, Mme Devine a invité Chad à visiter le netCAD, le centre de recherche appliquée de la Société canadienne du sang. « J’ai été surpris de recevoir cette invitation, avoue Chad. Mais on m’avait écouté et ça, ça comptait vraiment beaucoup pour moi. »

C’est ainsi que depuis 2009, Chad donne régulièrement du sang au netCAD. Comprenant mieux la politique d’exclusion de la Société canadienne du sang, il peut maintenant en parler avec objectivité.

« Je sais maintenant que ça n’a rien à voir avec le fait que je sois homosexuel. Ce n’est pas mon identité qui est visée, mais les pratiques sexuelles des gais, qui peuvent poser un risque pour les patients. Quand on pense qu’on est visé pour ce qu’on est, ça devient tout de suite personnel. J’ai appris à faire la différence. »

« Quand j’entends quelqu’un dire que les homosexuels ne peuvent pas donner de sang, j’interviens tout de suite, continue-t-il. Oui, il y a de la colère [dans la communauté gaie]. Elle vient d’un certain ressentiment et d’un sentiment d’exclusion. Par contre, certaines personnes sont très heureuses d’apprendre qu’elles peuvent donner du sang, même si ce n’est pas pour des transfusions. »

Récemment, le sang de Chad a été utilisé dans un projet de recherche sur le sida, ce dont il est ravi. Ce projet permettra non seulement de contribuer à des avancées scientifiques, mais aussi d’éliminer la stigmatisation.

En février 2015, Chad a organisé, au netCAD, une collecte « Rainbow » afin d’inciter les hommes gais sexuellement actifs — donc non admissibles au don de sang — à donner du sang pour la recherche. Pas moins de 34 unités de sang ont été recueillies et 39 nouveaux donneurs ont été recrutés.

« Cette collecte a fait beaucoup de bruit. Les gens se sont passé le mot et on a recruté beaucoup de donneurs, raconte Chad. Les résultats ont été au-delà de nos espérances. »

Les efforts de Chad ont été soulignés par la Société canadienne du sang lors de sa cérémonie annuelle Honneur à nos bienfaiteurs.

Bien que les critères d’admissibilité pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes aient évolué, pour Chad, les changements apportés ne vont pas assez loin. Il comprend toutefois la nécessité de procéder pas à pas. « Je n’aurais jamais pensé que je deviendrais si impliqué. Rien de tout cela ne serait arrivé si la Société canadienne du sang n’avait pas été aussi à l’écoute. Je lui en suis reconnaissant. D’un sentiment de colère, je suis passé à de la reconnaissance. C’est un revirement très intéressant. »

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