Receveurs

Depuis qu’elle est toute petite, Deborah Hunte lutte contre l’anémie falciforme, mais au lieu de s’apitoyer sur son sort, elle a choisi d’aider les autres en racontant son histoire.

Porte-parole de la Société canadienne du sang depuis 2002, elle fait la tournée des entreprises, des événements importants et des collectes de sang pour encourager les gens à donner ou à continuer de donner du sang. « Je veux amener les gens à sauver des vies, confie-t-elle. Pour les donneurs, je suis la preuve vivante que leurs dons valent la peine. »

La maladie dont souffre Deborah est une maladie du sang héréditaire caractérisée par la déformation, « falciformation », des globules rouges : les globules deviennent rigides et prennent la forme d’un croissant, ce qui nuit à la circulation sanguine et cause des lésions irréversibles aux organes tels que le coeur et les poumons.

Les patients atteints d’anémie falciforme sont fréquemment hospitalisés pour soulager les crises périodiques de la maladie, appelées crises de drépanocytose. « Pour atténuer la douleur, on va d’abord à l’hôpital, où l’on reçoit un traitement, mais si le traitement ne fonctionne pas, on nous fait une transfusion pour rétablir notre taux de globules rouges », explique Deborah, qui a reçu une dizaine de transfusions.

Deborah poursuit sa bataille contre vents et marées pour rester en santé et profiter pleinement de la vie. Elle consulte régulièrement divers spécialistes et prend un médicament pour aider son corps à produire des globules rouges. Auparavant, l’espérance de vie des femmes atteintes d’anémie falciforme n’était que de 47 ans, mais les choses sont en train d’évoluer. « Les gens sont beaucoup plus sensibilisés qu’avant, souligne Deborah. Les personnes atteintes vivent maintenant plus longtemps, mais c’est relativement nouveau. »

Deborah a surmonté de nombreux obstacles pour rester en vie, mais les moments les plus difficiles ont été la perte de sa sœur jumelle, Sandra, en 2000, et de son frère aîné, Geoffrey, l’été dernier.

Son frère et sa sœur lui manquent énormément, mais Deborah est reconnaissante pour les dons de sang qui ont prolongé leur vie. « Si des gens n’avaient pas généreusement donné de sang, je ne serais pas ici aujourd’hui, dit-elle. C’est maintenant à moi de porter le flambeau et je le ferai en l’honneur de mon frère et de ma sœur. »

photo : Lorella Zanetti