Receveurs

Boyd Dunleavey aime courir et participe à de nombreuses courses, mais ce n’est pas la victoire qui l’intéresse. « Je suis simplement content de franchir la ligne d’arrivée », admet-il.

Ce père de trois enfants originaire de London, en Ontario, est aujourd’hui un coureur de fond accompli, mais il y a trois ans, il a failli perdre la vie.

En juillet 2011, Boyd et sa femme, Denise, préparent une petite escapade à Chicago avec leurs trois enfants. Mais voilà que Boyd se met à ressentir de curieux symptômes : fatigue, sueurs nocturnes, saignements de nez… À contrecœur, il décide d’aller chez le médecin.

Le résultat des analyses de sang fait l’effet d’une bombe : leucémie aiguë myéloïde.

« L’appel que nous avons reçu a radicalement changé nos vies », se souvient Boyd. On pense que vous avez un cancer du sang, m’a-ton dit, vous devez venir à l’hôpital tout de suite. »

Boyd entame aussitôt un lourd plan de traitement. Bien que la chimiothérapie et les transfusions sanguines ralentissent la progression du cancer, la maladie persiste. « En septembre, j’ai été pris de fièvre et je suis retourné à l’hôpital. On nous a alors annoncé que je vivais le pire des scénarios envisageables », raconte Boyd.

Sa seule chance de survie : recevoir rapidement une greffe de cellules souches. Comme aucun membre de sa famille n’est compatible, on ajoute son nom à la liste de patients canadiens en attente d’un donneur non apparenté. Par chance, un soldat américain posté au Japon se révèle compatible.

Boyd reçoit la greffe au Juravinski Cancer Centre de Hamilton. La procédure se déroule bien, mais le rétablissement s’avère difficile. « C’est la chose la plus éprouvante que j’ai jamais eu à vivre », dit-il, se rappelant les interminables vomissements, saignements et fièvres. D’autres complications surgissent lorsque Boyd contracte, en l’espace de six semaines, trois virus, dont l’un à l’origine d’une myélite transverse, une maladie neurologique causée par une inflammation de la moelle épinière.

Pendant que Boyd tente de se rétablir après une année de traitements et de procédures qui ont ravagé son corps, des amis le soutiennent de différentes manières, notamment en participant à des courses à pied en son honneur dans toute l’Amérique du Nord.

« Des coureurs ont participé à des marathons en mon nom dans le cadre du programme Team in Training de la Société de leucémie et lymphome du Canada », raconte Boyd, qui était en contact avec ses supporteurs par l’entremise des médias sociaux. « La communauté des coureurs est énorme et m’a offert un appui incroyable. »

Voyant que sa guérison se poursuit et qu’un nombre croissant de personnes de son entourage se mettent à la course, Boyd décide de s’y mettre aussi malgré les douleurs permanentes qui l’accablent. Par miracle, la course semble lui convenir.

« Mon corps en a vraiment vu de toutes les couleurs, dit-il. Encore aujourd’hui, je m’épuise à monter et à descendre un escalier, j’ai du mal à lacer mes souliers, je souffre de douleurs neuropathiques à cause de ma myélite… mais pour une raison que j’ignore, je peux courir.

« Je veux sensibiliser les gens et les inciter à s’inscrire au registre de donneurs de cellules souches, ajoute-t-il. Si ma participation à des courses capte l’attention des médias et amène quelqu’un à s’inscrire, je vais permettre de sauver une vie. C’est ma façon de donner au suivant. »

Conscient que s’il peut courir aujourd’hui, c’est grâce aux organisations et aux gens qui l’ont soigné et soutenu, Boyd remercie notamment le Juravinski Cancer Centre de Hamilton, la Société canadienne du cancer ainsi que la Société canadienne du sang et son Réseau UniVie, et dédie ses courses à toutes les personnes qui lui ont offert une deuxième chance à la vie.