Santé

Les gens qui donnent du sang savent que leur don sauve des vies. Ils savent aussi qu’il y a d’autres avantages à retrousser sa manche : en plus d’avoir gratuitement du jus et des biscuits, ils ont l’excuse parfaite pour sauter la séance d’entraînement… En effet, la Société canadienne du sang recommande aux gens d’éviter les activités physiques exigeantes dans les six à huit heures suivant un don. Mais qu’en est-il une fois cette période terminée; doit-on continuer de prendre des précautions? Pulsation a posé la question – et plusieurs autres – au physiothérapeute Craig Brososky.

Pulsation :  Faut-il modifier son entraînement lorsqu’on donne du sang?
Craig :  La plupart des gens en forme peuvent donner du sang et devraient le faire*. Il faut toutefois savoir qu’après un don, le sang perd en moyenne de 10 à 15 % de sa capacité de transport d’oxygène. Si vous vous entraînez pour une compétition mais souhaitez quand même donner du sang, je vous recommanderais de modérer vos efforts pendant les deux semaines qui suivent votre don.

Quelle est la cause de blessure la plus courante?
Ce que je vois le plus, ce sont les gens qui en font trop, trop vite. C’est particulièrement fréquent chez les hommes de 17 à 35 ans qui s’entraînent pour bien paraître plutôt que pour s’améliorer dans un sport. Ils poussent la machine à fond sans tenir compte du fait que le corps a besoin de temps pour récupérer.

Comment définissez-vous « trop » dans ce cas-ci?
Dans le cas d’un entraînement cardio, il n’y a pas vraiment de limite. Lorsqu’on s’entraîne de longues heures, il faut surtout s’assurer qu’on n’en demande pas trop à notre mécanique – tendons, ligaments et articulations.

Et comment sait-on que notre mécanique a été trop sollicitée?
Il faut voir combien de temps vous avez mal après l’entraînement. Si la douleur disparaît au bout d’un jour ou deux, il n’y a pas à s’inquiéter, mais si vous avez mal à un endroit précis et que la douleur s’aggrave deux ou trois jours après votre séance d’exercice, c’est signe que vous avez une blessure.

Est-ce que les exercices d’étirement peuvent réduire les risques de blessure?
Les étirements améliorent la souplesse, notamment celle du tronc – cou, épaules, omoplates, hanches et bassin. Ces exercices sont particulièrement importants pour les gens qui font beaucoup de musculation, surtout ceux qui utilisent les appareils.

On entend souvent qu’il est important de boire de l’eau quand on fait de l’exercice. Qu’en est-il au juste?
Il est faux de croire qu’on doit boire souvent. La science est catégorique : il faut boire uniquement quand on a soif.

En fait, dans les épreuves d’endurance, la première cause évitable de mortalité est l’ingestion d’une trop grande quantité d’eau. En buvant trop d’eau, vous risquez de diluer de façon excessive le sodium dans votre sang et de souffrir d’hyponatrémie. Lorsque la concentration de sodium devient trop faible, l’excès d’eau s’infiltre dans le cerveau et peut entraîner un œdème cérébral.

Malheureusement, il y a eu des cas, par exemple au marathon de Boston, où des coureurs sont morts parce qu’ils avaient bu trop d’eau. Ce n’est pas l’effort qui les a tués, c’est l’œdème qui s’est formé dans leur cerveau. Donc mieux vaut boire quand on a soif, point.

*L’admissibilité est évaluée par le personnel des points de collecte.

Pour en savoir plus sur le don de sang ou pour prendre rendez-vous, veuillez consulter le site sang.ca, utiliser l’application mobile DonDeSang ou composer le 1 866 JE DONNE (1 866-533-6663).

Photo : Melissa Logan