Receveurs

En 2011, lorsque Gina Parker est devenue bénévole pour le Réseau UniVie, le réseau de donneurs de cellules souches de la Société canadienne du sang, elle n’avait qu’un but en tête : sauver la vie de son frère Jonny.

Depuis, Gina a convaincu plus de 1 500 jeunes de divers groupes ethniques à s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches; elle a fait lever une interdiction de longue date contre les collectes de sang et de cellules souches à l’Université Carleton d’Ottawa; et elle a orienté sa carrière vers le domaine de la santé publique.

« Au fond de moi, j’ai toujours eu espoir que mon bénévolat aide mon frère », explique la jeune femme de 24 ans. « J’aimerais surtout que chaque patient trouve un donneur compatible. Rien n’est plus gratifiant que de contribuer à réduire le stress que les gens vivent quand ils apprennent qu’un membre de leur famille a le cancer. »

Étudiante en biochimie à l’Université Carleton, Gina participe comme bénévole à des activités sur le campus et à des campagnes de recrutement de donneurs de cellules souches dans la collectivité. À chaque campagne, elle se remémore ce jour fatidique de mai 2011 où Jonny, son frère cadet, a appris qu’il souffrait de leucémie aiguë lymphoblastique et aurait besoin d’une greffe de cellules souches pour survivre.

« C’était extrêmement angoissant, dit-elle. Je croyais que nous allions le perdre; je ne pouvais imaginer la vie sans lui. »

Découvrant qu’elle n’est pas une donneuse compatible pour son frère, Gina est anéantie. Elle reprend toutefois espoir lorsqu’une représentante d’UniVie, Jessica Stergiou, lui propose de devenir bénévole afin d’aider à trouver un donneur non apparenté pour son frère. « Cette proposition a tout changé, se souvient Gina. Avant, toute la famille se morfondait. On se sentait tous mal pour Jonny et on s’apitoyait sur notre sort. »

Se jetant à corps perdu dans la cause, Gina accepte d’être bénévole à une campagne de recrutement à l’Université Carleton. Elle découvre avec surprise que l’association étudiante interdit les activités de la Société canadienne du sang sur le campus parce qu’elle désapprouve la politique de l’organisme qui exclut les hommes ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme. La jeune femme ne se laisse pas démonter pour autant; elle prépare sans attendre une proposition pour faire lever l’interdiction.

« Je tenais tellement à faire changer les choses », se rappelle Gina, qui était convaincue que le campus devrait adhérer pleinement au don de sang et de cellules souches, non seulement pour le bien de son frère, mais aussi pour celui de tous les patients en attente d’une greffe.

La proposition de Gina est malheureusement rejetée, mais la jeune femme revient à la charge l’année suivante et pose même sa candidature pour siéger au conseil étudiant. Cette fois, la proposition est acceptée à l’unanimité et Gina est nommée vice-présidente aux affaires étudiantes.

« Gina a grandement contribué à faire croître le nombre d’étudiants aux collectes de sang sur le campus, se réjouit Jessica Stergiou. Elle a un talent naturel pour mobiliser les gens et elle a amené les étudiants à se sentir personnellement visés par le programme UniVie. Son message s’est répandu comme une traînée de poudre au sein de la communauté universitaire. »

Gina participe maintenant au recrutement de donneurs de cellules souches dans l’ensemble du pays à titre de présidente du comité national de liaison responsable des campagnes de frottis buccal, un comité qui vise à accroître la présence d’UniVie dans les collèges et les universités du Canada.

En ce qui concerne Jonny, il a subi des traitements de chimiothérapie et n’a pas besoin d’une greffe de cellules souches dans l’immédiat. « Ce qui me rend le plus fière, c’est tout le positif qui est ressorti de mon action bénévole et qui a rejailli sur mon frère, conclut Gina. Nous nous attendions à ce qu’il nous quitte très tôt, mais pour une raison qu’on ignore, il a été épargné. Je profite maintenant de chaque minute que je passe avec lui. »

Photo : Oya Anzan