D’un océan à l’autre

Nicole Kowal-Seafoot sait que les meilleures leçons ne viennent pas toujours d’un livre. Enseignante en sciences et technologies à l’école secondaire David Thompson de Vancouver, en Colombie-Britannique, elle a misé sur la grande popularité des émissions télévisées axées sur la criminalistique pour intéresser ses élèves à la science du sang ainsi que pour recruter de nouveaux donneurs.

« Le programme du cours comporte un volet sur la criminalistique pour enseigner aux élèves les types d’indices relevés sur les lieux d’un crime et leur expliquer pourquoi on analyse ces éléments », explique-t-elle.

« Nous avons commencé par les empreintes digitales et les fibres, puis nous nous sommes penchés sur le sang. Mes élèves ont fait une expérience d’éclaboussure de sang synthétique et une autre sur le groupage sanguin pour étudier les propriétés et la biologie du sang. »

Ses élèves se sont montrés très intéressés et, les adolescents étant ce qu’ils sont, Nicole savait qu’ils s’investiraient encore plus s’ils pouvaient utiliser du vrai sang.

« En tant que professeur de sciences, je savais que ce serait formidable pour mes élèves de voir comment on détermine leur groupe sanguin respectif. »

C’est cette idée qui l’a conduite à la Société canadienne du sang et au programme De quel groupe êtes-vous?. Vers la fin de l’année dernière, Nicole a communiqué avec un spécialiste des partenariats pour le programme communautaire de groupage sanguin et, avec l’aide de bénévoles, elle a organisé une activité qui a permis aux élèves de trois de ses classes de découvrir leur groupe sanguin.

« Mes élèves ont participé au cours de science avec un bel enthousiasme, se réjouit Nicole. Ils ont appris le fonctionnement du sang, son utilité et l’importance des dons de sang, tout ça dans un contexte amusant et stimulant. »

Les élèves ont également assisté à une présentation sur Du sang neuf pour la vie, un programme national apprenant aux élèves du secondaire à recruter leurs camarades afin qu’ils donnent du sang dans l’un de nos établissements de collecte ou lors d’une collecte organisée dans leur école.

À la suite de cette séance d’information, quatre élèves se sont dits en faveur de la participation de leur école à ce programme avec Nicole comme enseignante responsable. En février, ils ont ainsi organisé une collecte de sang qui a permis de recueillir 20 dons.

« Cette expérience m’a remplie d’une grande fierté, tant sur le plan personnel que professionnel », avoue Nicole.

L’enseignante donne elle-même du sang depuis 2009. Cette année-là, son beau-père a reçu un diagnostic de myélome multiple. De nombreuses transfusions sanguines étaient nécessaires simplement pour le garder en vie afin qu’il lutte contre la maladie.

« Malheureusement, il a succombé à une infection en avril 2011, six semaines avant que je donne naissance à son premier petit-enfant. »

C’est l’une des raisons pour lesquelles cette expérience a été aussi enrichissante pour Nicole. L’enseignante a réussi à stimuler l’intérêt de ses élèves pour la science et à leur procurer une occasion de développer leurs qualités de leader par l’entremise du programme Du sang neuf pour la vie. Ce vif succès l’a incitée à mettre notre organisation en contact avec un professeur d’une autre école pour que le programme de groupage sanguin soit mis à l’essai auprès des élèves de l’établissement.

À la fin d’une autre année scolaire qui entrera dans les annales, Nicole se réjouit à l’idée d’amorcer une deuxième campagne à l’école secondaire David Thompson et de trouver un autre moyen original pour intéresser ses élèves à la science du sang.

« J’envisage avec enthousiasme de promouvoir la campagne Du sang neuf pour la vie tout au long de ma carrière d’enseignante », conclut-elle.