D’un océan à l’autre

Au mois de mai, la Société canadienne du sang a reçu l’approbation de Santé Canada afin de réduire la période d’exclusion actuelle des hommes ayant des rapports sexuels avec un autre homme (HSH). Cette période passera de permanente à cinq ans d’exclusion à compter du dernier acte sexuel. Ce changement a pris effet le 22 juillet dernier.

Sur le plan international, il n’existe aucun consensus des autorités médicales au sujet des pratiques de sélection des donneurs de sang qui sont des hommes ayant des rapports sexuels avec un autre homme. Dans certains pays européens et aux États-Unis, par exemple, on maintient l’exclusion permanente. En revanche, au Royaume-Uni et en Australie, on a adopté une période d’exclusion d’un an. D’autres pays ont des pratiques complètement différentes.

« Nous reconnaissons que bien des gens seront d’avis que ce changement ne va pas assez loin. Toutefois, compte tenu de l’histoire du système d’approvisionnement en sang du Canada, nous le considérons comme une première étape décisive bien que prudente, souligne Mme Dana Devine, vice présidente, Affaires médicales et scientifiques et Recherche, à la Société canadienne du sang. C’est ce qu’il convient de faire et, par ailleurs, nous nous sommes engagés à examiner la politique au fur et à mesure que nous aurons à notre disposition de nouvelles données et de nouvelles technologies. »

La procédure de sélection a été modifiée de sorte que l’on demandera aux donneurs potentiels de sexe masculin s’ils ont eu des rapports sexuels avec un homme au cours des cinq dernières années. Jusqu’ici, on leur demandait s’ils avaient eu des rapports sexuels avec un autre homme depuis 1977, ne serait-ce qu’une seule fois. Ce changement signifie que si un homme n’a pas eu de rapports sexuels avec un autre homme durant les cinq dernières années et qu’il répond aux autres critères de sélection, il peut être admissible au don de sang.

La Société canadienne du sang s’efforce depuis plusieurs années de recueillir des données lui permettant de justifier un changement de politique concernant les HSH. En septembre 2011, son conseil d’administration a adopté une motion engageant la Société à réexaminer cette politique en vue de ramener l’exclusion permanente à une période comprise entre cinq et dix ans.

Après avoir effectué d’autres analyses de risque et mené de vastes consultations auprès de spécialistes scientifiques et auprès de groupes de patients et de groupes communautaires, la Société canadienne du sang a, en même temps qu’Héma-Québec, présenté à Santé Canada une proposition de modification de la politique en décembre 2012.