Donneurs

Hier, avant les événements tragiques de Boston, j’ai donné du sang pour la 50e fois de ma vie : 50 dons en 50 ans.

L’expérience me remonte toujours le moral. Branchée à la machine, je regarde autour de moi et je vois des êtres humains qui aident d’autres êtres humains; pas parce qu’ils en retirent un avantage quelconque, mais parce qu’ils veulent rendre la vie d’une autre personne juste un peu plus facile et peut-être même sauver une vie. Ces êtres humains n’obtiennent absolument rien (du moins rien de matériel) en retour. Le don de sang n’est pas rémunéré au Canada. Par conséquent, chaque personne qui donne le fait par pur altruisme.

Deux fois dans ma vie, j’ai été au chevet d’amis qui recevaient une transfusion sanguine dans le cadre de leur traitement contre le cancer. J’observais le sang d’un donneur altruiste leur redonner de la vitalité. Auparavant, j’avais écrit mon billet « Le don de vie » au sujet de la nuit où ma fille est née.

J’ai commencé à donner du sang durant mon adolescence, bien avant de penser que j’aurais des amis atteints du cancer ou d’imaginer que j’aurais des enfants. Et maintenant que j’ai vu des besoins comblés grâce au don de sang, cette cause me passionne encore plus.

Vous comprendrez alors à quel point j’ai été démoralisée par les explosions de Boston, survenues à peine quelques heures après mon don. C’est l’envers de la médaille. L’humanité qui s’en prend à l’humanité par simple égoïsme. Mais les auteurs de l’attentat, quels qu’ils soient, sont peu nombreux. Le reste d’entre nous, les milliards d’entre nous qui restent, sont plutôt animés d’un désir d’aider, de soutenir et de guérir.

Ce genre de méchanceté ne fait que mettre l’accent sur tout le bien qui existe dans le monde.

Je donne du sang parce que j’ai la chance d’avoir une bonne santé et que c’est ce je souhaite pour les autres. Je le fais parce que c’est ce que j’aimerais que les autres fassent pour moi si j’en avais besoin. En somme, mon geste est une concrétisation de la règle d’or : faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent.

Si vous en êtes capable, envisagez de faire un don de sang.