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Partenaires pour la vie

Neil Bernstein ne passe pas inaperçu : grosse voix, longs cheveux foncés, stature imposante… On ne s’étonne pas d’apprendre que c’est un rockeur et un ancien videur; par contre, on ne devinerait jamais que, grâce à lui, la banque de sang a reçu pas moins de 500 dons en huit mois, l’an dernier.

Qu’est-ce qui a motivé Neil à donner du sang? Son père, Frank Bernstein, qui a fait son premier don à l’âge de 17 ans. Frank a toujours pris son rôle de donneur à cœur. Tous les six jours, il se rendait au centre de collecte de la rue Oak, à Vancouver, pour faire un don de plasma. De fil en aiguille, il est devenu donneur de plaquettes, s’arrêtant au centre de collecte à la même heure toutes les deux semaines.

Si Frank faisait preuve d’un engagement exceptionnel envers la cause, ce n’était pas le cas de Neil, qui n’avait jamais donné de sang avant cette année. Tout a changé à la mort de son père.

Frank est décédé en juillet 2011 à l’âge de 72 ans, à la suite de complications d’un cancer. Les 532 dons qu’il a faits au cours de sa vie lui ont valu le titre de plus grand donneur de sa province. Pour souligner l’héritage d’humanisme qu’il a légué à la Colombie-Britannique, la Société canadienne du sang lui a rendu un hommage posthume, en septembre dernier, en lui décernant le prix Œuvre de toute une vie. La femme de Frank, Caron, et leur fille ont accepté le prix en son nom lors de la cérémonie nationale Honneur à nos bienfaiteurs.

Quelques mois plus tard, Neil reprenait le flambeau de Frank. « Je voulais suivre les traces de mon père et poursuivre sa tradition, explique-t-il. C’était un homme généreux qui souhaitait le bien-être de sa communauté et des gens en général. Je pense qu’il a fini par déteindre sur moi. »

En février de l’an dernier, Neil a formé un groupe Partenaires pour la vie au nom de son père. Il a alors fait son premier don de sang, déterminé à battre le record de son père.

Marlene Morris, spécialiste des partenariats à la Société canadienne du sang, connaissait Frank et était restée en contact avec la famille Bernstein. Estimant qu’un objectif de 500 dons était démesuré, elle a convaincu Neil de commencer par un objectif annuel plus modeste de 50 dons.

« Cinquante dons, c’est déjà énorme; c’est plus que ce que visent la plupart de nos partenaires », souligne Marlene, se rappelant avoir pris l’idéalisme de Neil pour de la naïveté. Cependant, à la fin d’août, l’équipe Partenaires pour la vie de Neil avait déjà 500 dons à son actif. En huit mois, le groupe s’est hissé au troisième rang des donneurs de la région, un exploit sans précédent pour une équipe qui ne fait pas partie d’une entreprise ni d’une organisation religieuse.

« Même nos grands groupes mettent plusieurs années à atteindre un chiffre comme celui-là, observe Marlene. C’est absolument renversant de voir que l’équipe de Neil a pu battre le record en aussi peu de temps, record qui, soit dit en passant, appartenait à nul autre que son père, Frank. »

En dépassant, et de beaucoup, l’objectif de 50 dons qu’on lui avait suggéré, Neil est devenu un ambassadeur du don de sang par la force des choses. Il a réussi à recruter 181 personnes, dont 15 nouveaux donneurs, uniquement à l’aide de Facebook et de YouTube. À la fin de 2012, le fils de Frank et ses « partenaires pour la vie » affichaient le nombre impressionnant de 641 dons.

« Je crois que je peux maintenant me permettre de dire “Je vous l’avais dit” », a lancé Neil en riant lorsqu’on lui a transmis les chiffres officiels.

Au moment de la rédaction de ces lignes, Neil envisageait de lancer une deuxième campagne à la même période de l’année où Frank a atteint ses 500 dons en 2009.

« Mon objectif est de doubler le chiffre de mon père, précise Neil. Il y a beaucoup de gens derrière nous. »

Cette année, plutôt que d’essayer de contenir l’enthousiasme de Neil, nous allons souligner ce qu’il a déjà accompli et le soutenir dans ses projets. Nous ne pouvons qu’applaudir ce héros plus grand que nature qui fait maintenant partie des nôtres.

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