UniVie

En aviron, lorsque le barreur (personne responsable de l’équipage) aboie « C’est le temps! », les rameurs savent que c’est le moment d’aller puiser au plus profond d’eux-mêmes pour donner tout ce qu’ils ont. Le barreur le plus populaire du Canada, Brian Price, a souvent dû se dépasser, et pas seulement sur l’eau.

En tant que médaillé olympique de l’épreuve masculine d’aviron à huit et survivant du cancer, Brian est bien placé pour savoir qu’il faut de la détermination pour gagner la course de sa vie. Et de la détermination, il en avait à revendre lorsqu’il a décidé d’appuyer le défi interuniversitaire pancanadien UniVie afin de venir en aide à Shelley Eaves, une femme de Victoria, en Colombie-Britannique, qui se bat contre la leucémie et qui, comme près d’un millier de Canadiens, attend un donneur de cellules souches non apparenté.

Le temps étant souvent un facteur déterminant dans la lutte contre le cancer, le défi UniVie ne pouvait mieux tomber. Rappelons que cette compétition amicale encourage les étudiants, plus particulièrement ceux de sexe masculin, à s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches. Organisé pour la troisième année consécutive, le défi interuniversitaire constitue l’une des plus importantes campagnes nationales du Réseau UniVie. L’université gagnante est celle qui recrute le plus grand nombre de donneurs optimaux. (On entend par donneurs de cellules souches optimaux des hommes ayant entre 17 et 35 ans. Ces donneurs permettent d’obtenir de meilleurs résultats post-greffe.)

Vingt-huit universités canadiennes ont collaboré avec l’équipe d’UniVie dans le but d’amener de jeunes hommes d’origines ethniques diverses à s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches. En plus d’organiser des séances de frottis buccal, les étudiants ont fait la promotion du don de sang comme autre moyen d’aider des malades.

« Lorsqu’on se lance dans la recherche d’un donneur compatible, on se rend compte que les jeunes, en particulier les jeunes hommes, sont d’importants donneurs potentiels pour les malades canadiens et ceux des autres pays, commente Shelley. La récompense n’a pas de prix : d’un côté, un patient peut recouvrer la santé; de l’autre, le donneur a la satisfaction d’accomplir un geste vraiment important et de contribuer au bien-être de la société. Et tout ça grâce à un simple frottis buccal. »

« Il est si facile de s’inscrire au registre de donneurs, et ce simple geste peut changer une vie! » fait observer Tina Wilyman, l’étudiante responsable du défi à l’Université de la Saskatchewan.

Le défi interuniversitaire pancanadien UniVie a attiré 5 723 donneurs de cellules souches optimaux et incité 249 personnes à prendre rendez-vous pour faire un don de sang. Les étudiants ont même relevé un défi additionnel : faire en sorte que 70 % des donneurs inscrits soient de jeunes hommes. En fait, c’est exactement le pourcentage qui a été atteint. Conjuguer les efforts de la population étudiante, des employés de la Société canadienne du sang et du public a permis non seulement d’assurer la réussite du défi, mais aussi de sensibiliser davantage la population à la nécessité de recueillir du sang et des cellules souches pour tous les malades en ayant besoin.

En aviron, une équipe qui ne se classe pas au premier tour peut se reprendre au repêchage et ainsi avoir une deuxième chance de demeurer dans la course. Dans le cas de Shelley et de toutes les autres personnes en attente d’un donneur compatible, ce sont des inconnus d’une grande générosité qui rendent le repêchage possible. Souhaitons à Shelley et à tous les autres malades d’être bientôt repêchés.