UniVie

Anthony Codrington

On lit souvent dans les documents d’UniVie que « vous pourriez être l’unique personne qui puisse sauver une vie ». Pour certains patients, il n’y a en effet qu’une seule personne dans le monde entier ayant des cellules souches compatibles. C’était le cas pour Anthony Codrington, alias Ricky, qui a eu la chance de trouver cette personne unique.

L’histoire de Ricky commence il y a une quinzaine d’années, lorsqu’il quitte la Barbade ensoleillée pour déménager dans la vallée de l’Annapolis , en Nouvelle-Écosse. Il y rencontre le grand amour, une Néo-Écossaise, et se marie, impatient de bâtir sa vie avec la femme qu’il aime.

Mais le couple est forcé de mettre ses projets sur « pause »; peu de temps après le mariage, Ricky apprend qu’il a une leucémie. Son seul espoir de survie : trouver un donneur de cellules souches compatible. Malheureusement pour Ricky, trouver le bon donneur est encore plus difficile lorsque le patient appartient à une ethnie minoritaire, ce qui est son cas. Cette difficulté vient du fait que les HLA (antigènes d’histocompatibilité humains) hérités du père et de la mère jouent un rôle capital dans le jumelage patient-donneur.

C’est pour cette raison que les patients ont plus de chance de trouver un donneur compatible parmi des candidats potentiels de leur propre groupe ethnique. Pour les patients de race noire, toutefois, ces chances sont réduites, car les donneurs canadiens de ce groupe représentent seulement 0,7 % de tous les donneurs potentiels du réseau de donneurs de cellules souches UniVie. En fait, les donneurs noirs constituent l’un des plus petits groupes de donneurs ethniques du réseau.

Après avoir reçu son diagnostic, Ricky est transféré au centre de greffe de l’hôpital Queen Elizabeth II, à Halifax.

Pendant qu’UniVie poursuit ses recherches pour lui trouver un donneur, Ricky fait l’objet de nombreuses transfusions, les dons de sang étant devenus nécessaires à sa survie. Cependant, trouver du sang compatible est également difficile en raison de ses caractéristiques ethniques.

Seule la communauté noire du Canada peut offrir à Ricky la combinaison de sang et de cellules souches dont il a besoin pour retrouver la santé, retrouver sa vie et redonner espoir à ses proches.

Ricky et sa famille reçoivent enfin la nouvelle qu’ils attendent : UniVie a trouvé un donneur compatible. Malgré cela, Ricky n’est pas au bout de ses peines; la réussite de la greffe est compromise par l’état de santé de son donneur. Ricky lui-même sombre dans un coma qui le cloue au lit pendant plus d’un mois. Il finit heureusement par se rétablir et les médecins peuvent procéder à la greffe.

« Lorsqu’on apprend que 75 % des patients doivent compter sur un donneur non apparenté, on comprend que nos chances de survie sont limitées, dit Ricky. À l’époque, les chances de trouver un donneur noir compatible étaient encore plus minces. Je suis l’un des rares privilégiés qui ont pu trouver le bon donneur. »

Quatre ans plus tard, Ricky raconte que pas une journée ne passe sans qu’il remercie toutes les personnes qui lui ont donné un second souffle en lui donnant de leur sang et de leurs cellules souches.

La diversité : un besoin vital

L’histoire de Ricky est inspirante. Elle témoigne à la fois de la force de l’individu et de la force du nombre. Mais, plus important encore, elle nous fait comprendre que les communautés, où qu’elles soient, doivent se mobiliser pour soutenir les leurs.

Jennifer Philippe, directrice d’UniVie, souligne que la sensibilisation des communautés ethniques fait partie de la stratégie de base du réseau et que son équipe poursuit ses démarches auprès non seulement de la communauté noire, mais de tous les groupes ethniques du Canada.

« Il est essentiel de renseigner et de sensibiliser ces communautés, préciset-elle. Lorsqu’elles comprennent que leur avenir dépend de leur volonté d’apporter leur pierre à l’édifice, elles se font un plaisir d’aider. Il suffit que l’un de leurs membres respectés se lève et dise aux gens : “faites un prélèvement buccal; c’est tout ce qu’il faut pour redonner espoir aux malades de notre communauté qui attendent des cellules souches et à leur proches.” »

« Notre priorité est d’offrir à tous les Canadiens un réseau de cellules souches optimal. Il est vital pour nous de travailler avec des professionnels de la santé de divers groupes ethniques afin d’avoir le plus d’options possible pour nos patients. Nous voulons plus de fins heureuses comme celle de Ricky », conclut Mme Philippe.