Hélène Campbell and her sister, Elizabeth, get into the groove during their photo shoot in Ottawa.

Don et greffe d’organes et de tissus

Si vous demandez à Hélène Campbell ce qu’elle aime le plus au monde, sa réponse sera sans équivoque : « ma famille ». Au deuxième rang? Probablement ses amis. Mais questionnez-la un peu plus et vous découvrirez qu’elle a aussi un faible pour les Reese, ces moules de chocolat au beurre d’arachide.

Quiconque a déjà entendu parler d’Hélène sait qu’elle a rencontré Justin Bieber et ses grands-parents, qu’elle a participé à l’émission d’Ellen DeGeneres (non pas une, mais deux fois!) et… qu’elle adore les Reese. Tout le monde sait aussi que cette jeune femme est une battante et qu’elle s’est donné comme objectif de sensibiliser les gens au don d’organe et de tissu afin que, comme elle, d’autres puissent continuer à vivre.

L’histoire d’Hélène a fait le tour du pays et de la planète il y a quelques mois, après qu’elle eut envoyé un message Twitter à Justin Bieber lui demandant de parler du don d’organe à ses 20 millions d’abonnés. Ce qu’il a fait. Hélène ne s’est toutefois pas arrêtée là; elle a ensuite envoyé une vidéo à l’émission d’Ellen DeGeneres dans l’espoir de sensibiliser l’animatrice et son public au don d’organe. Touchée, Mme DeGeneres a non seulement acquiescé à la demande de sa jeune admiratrice, mais elle l’a aussi surprise en l’interviewant via Skype en pleine émission. Hélène vivait alors à Toronto, en attente d’une double greffe de poumons.

Retour en septembre 2011. Hélène reçoit un diagnostic de fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie incurable qui se caractérise par une inflammation et un durcissement progressif des tissus de soutien des poumons qui empêche les poumons d’oxygéner le sang correctement et prive donc le corps de l’oxygène dont il a besoin.

En janvier, Hélène apprend qu’elle a besoin d’une greffe de poumons et son nom est ajouté officiellement à la liste d’attente pour un organe. Elle quitte alors Ottawa et déménage à Toronto afin d’être plus près de l’hôpital. Lorsque son état commence à se détériorer, son nom grimpe dans la liste prioritaire. Puis en avril, on trouve un donneur compatible. Malgré les épreuves, Hélène se considère privilégiée; tous n’ont pas la chance de trouver un donneur et beaucoup meurent pendant l’attente.

Depuis sa greffe, Hélène dit aller « très bien. Le seul fait de vivre est tellement extraordinaire! » Son enthousiasme et son optimisme sont contagieux. Lorsqu’on lui demande comment elle a pu rester positive tout au long de cette période difficile, elle répond que cela lui a permis de réaliser tout ce qu’on tient pour acquis.

« J’ai vraiment appris à être reconnaissante pour tout ce que j’ai. J’ai vu plein de gens à l’hôpital et chacun avait sa propre histoire et sa propre expérience. Moi, je pouvais marcher et parler; beaucoup de patients ne pouvaient même pas faire ça. Alors au lieu d’éprouver de la colère ou d’être aigrie, je ressentais simplement de la reconnaissance », se rappelle-t-elle.

« À mon âge, on se sent invincible. On pense que rien ne peut nous arriver. Il y a beaucoup de gens derrière moi, qui m’ont aidée et m’ont appuyée; ce sont les héros méconnus de cette histoire. Ma famille a été extraordinaire. Ils sont aussi solides que moi, peut-être même plus, parce que voir quelqu’un qu’on aime traverser une épreuve comme celle-là sans avoir aucun contrôle sur la situation, c’est beaucoup plus difficile. »

L’amour de la jeune femme pour les membres de sa famille et le plaisir qu’elle éprouve à être avec eux étaient palpables pendant la séance photo.

Hélène et sa sœur Elizabeth, âgée de 18 ans, dansaient et faisaient les folles comme seules peuvent le faire des sœurs ou de grandes amies. Pendant l’entrevue, la sœur aînée d’Hélène, Mary, 22 ans, a téléphoné. Avant de raccrocher, Hélène a lancé à sa sœur un « j’t’aime ». La famille Campbell est tissée très serrée, et cela s’entend dans chacune des paroles d’Hélène.

La jeune femme compte écrire un livre sur l’expérience qu’elle a vécue et retourner aux études en janvier. Elle aimerait reprendre ses cours d’espagnol et espère obtenir un baccalauréat en lettres. Son objectif : continuer d’apprendre et de grandir.

Bien qu’elle ait l’intention de continuer à militer pour le don d’organe et de tissu, elle compte se faire plus discrète. « Je veux continuer à faire du bénévolat dans mes temps libres, dit-elle. J’ai une vue d’ensemble maintenant. Je vois que les gens veulent aider, qu’ils veulent contribuer à changer les choses. Et ils peuvent le faire, là, tout de suite, en donnant du sang. Il est tout aussi important de donner du sang que de faire un don d’organe. »

Hélène parle en connaissance de cause puisqu’elle a elle-même reçu plusieurs transfusions pendant et après sa greffe.
Quel conseil donnerait-elle aux gens qu’elle a inspirés? Modeste, Hélène refuse d’être considérée comme une source d’inspiration.

« Je ne me considère pas comme une source d’inspiration, explique-t-elle franchement. Ce que je vois, c’est une cause, et des gens qui sont touchés par cette cause. C’est simplement que j’en parle. Si la cause vous touche, faites quelque chose, parlez-en, n’hésitez pas. Commencez par votre famille, puis continuez peut-être avec vos amis. Pour ma part, j’ai commencé à en parler sur Twitter. C’est aussi simple que ça. »

Grâce à la campagne de sensibilisation d’Hélène, des milliers de personnes en Ontario se sont inscrites au registre des donneurs d’organes et de tissus, donnant ainsi espoir aux patients qui sont toujours en attente d’une greffe. Quant à Hélène, elle aussi attend, mais elle attend simplement d’aller au studio d’Ellen DeGeneres pour danser avec elle. Une histoire à suivre…