Le mot du Dr Sher

Dr. Graham Sher

Que ce soit au sein de notre effectif, de nos bénévoles ou de notre banque de donneurs, les jeunes adultes occupent une place importante dans nos activités. La Société canadienne du sang doit porter une attention particulière à cette génération si elle veut être en mesure de continuer à remplir son rôle vital.

Les médias qualifient de « génération perdue » les jeunes d’aujourd’hui, la génération Y. À mon avis, c’est bien mal comprendre ces jeunes qu’on appelle aussi les « enfants du millénaire ». Comme d’autres organisations, nous prenons divers moyens pour attirer dans nos rangs ces nouveaux travailleurs afin qu’ils nous aident à demeurer alertes, efficaces et tournés vers l’avenir.

Contrairement à la génération X et aux baby-boomers, les jeunes nés entre 1980 et 2000 ont développé une approche et des façons de travailler très différentes de celles de leurs parents. Ils respectent le leadership, et même la structure, qu’imposent leurs collègues plus âgés occupant des postes de gestion, mais ils s’attendent à ce que ces mêmes collègues respectent leurs idées et leur en donnent le crédit.

Motivés par le défi, ils ont l’habitude de jongler avec plusieurs balles, par exemple les sports, les amis et les activités philanthropiques. La jeunesse d’aujourd’hui veut des horaires souples et tient à avoir une vie en dehors du travail. Nos jeunes font partie de la génération la plus branchée de l’histoire et si leurs attentes professionnelles ne sont pas satisfaites, ils mettront leurs réseaux à leur service pour trouver un poste qui leur conviendra mieux.

Il est important de savoir ce genre de choses pour comprendre comment recruter les jeunes, comment les fidéliser et comment les intéresser à nos diverses activités. Nous devons adapter notre culture d’entreprise en conséquence si nous voulons qu’ils nous considèrent comme une organisation pertinente.

Nous avons récemment repensé notre stratégie sur les cellules souches afin de cibler les hommes de moins de 35 ans de diverses origines ethniques. Des études indiquent en effet que les taux de survie à long terme sont plus élevés lorsque les dons proviennent de jeunes adultes de sexe masculin. D’où les efforts d’UniVie pour recruter de jeunes donneurs et équilibrer la composition ethnique de sa banque de donneurs. Nous poursuivons donc nos démarches pour rajeunir notre banque dans l’intérêt à long terme de nos patients.

Notre autre défi réside dans les collectes de sang. Nos statistiques indiquent que notre bassin de donneurs vieillit. Et bien que nous soyons toujours aussi reconnaissants à nos donneurs plus âgés, nous devons recruter des donneurs plus jeunes et les fidéliser. Cependant, certaines de nos politiques et directives, perçues comme discriminatoires, compliquent nos démarches.

C’est pourquoi notre organisation continue de revoir ses politiques d’exclusion. Nous devons évoluer au rythme des découvertes scientifiques et des changements culturels et sociétaux, sans quoi nous risquons de perdre les donneurs de demain. Toute perception d’injustice dans nos politiques pourrait amener nos donneurs potentiels à garder leurs distances.

Oscar Wilde a dit, un jour, que « c’est gaspiller la jeunesse que de la laisser aux jeunes ». Mais investir dans les leaders de demain, dans l’avenir, c’est plus qu’une bonne stratégie d’affaires, c’est une nécessité pour assurer notre survie et notre réussite.

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