Donneurs

Comme le dit l’adage, ni la pluie ni la neige n’empêcheront les facteurs de livrer le courrier. La même chose vaut pour Lucille Sawatsky, de Calgary, et sa détermination à sauver des vies en donnant du sang.

Profondément dévouée envers le système du sang, Lucille est pour ainsi dire la championne canadienne du don de sang. Elle a retroussé ses manches près de 900 fois depuis le milieu des années 60, époque où l’on faisait du porte-à-porte pour recruter des donneurs de sang.

« Je me suis dit que c’était une bonne chose à faire et un bon moment pour commencer », raconte Lucille, pragmatique.

Aujourd’hui âgée de 69 ans, Lucille a donné du sang total une centaine de fois avant de passer au don de plasma et de plaquettes. Elle est maintenant une habituée du programme de don de plasma le mercredi matin.

« J’aime donner du plasma chaque semaine. Même lorsque j’habitais en dehors de la ville, je prenais congé pour venir faire un don à Calgary. Beau temps, mauvais temps, je suis au rendez-vous », dit-elle.

Seuls des drames majeurs ont empêché Lucille de donner du sang, et elle en a vécu quelques-uns au fil des ans, notamment le décès de deux fils et d’un petit-fils.

« Lorsque j’ai appelé pour annuler mon rendez-vous parce que je me rendais aux funérailles de mon petit-fils en Colombie-Britannique, une préposée de la Société canadienne du sang m’a rappelée, surprise, car je n’avais jamais annulé un rendez-vous. Lors du rendez-vous suivant, les employés m’ont remis une belle carte portant la signature de chacun et leurs bons mots. Ce sont des amis pour moi. » Et c’est exactement ce qui encourage Lucille à revenir tous les mercredis.

« J’aime bien les gens de l’établissement de collecte et les autres donneurs du mercredi que j’ai appris à connaître. C’est ce qui me fait revenir. Ils connaissent l’histoire de ma vie. »

Lynn Holt, une infirmière responsable du don par aphérèse à Calgary, connaît Lucille depuis qu’elle a commencé à travailler pour la Société canadienne du sang, il y a 18 ans.

« Lucille est très engagée; elle s’est donné pour mission de se rendre utile aux autres, affirme Lynn. Elle a connu beaucoup d’épreuves, mais elle ne rate jamais l’occasion de venir faire un don. Elle se souvient du nom des employés et des événements qui surviennent à la Société canadienne du sang. Elle est remarquable. »

Lorsqu’elle n’est pas occupée à sauver des vies, Lucille profite de sa retraite et meuble ses loisirs par la lecture, le tricot, le point de croix, les casse-tête, en plus de chanter chaque semaine dans la chorale de sa paroisse comme ténor, ce qui est rare pour une chanteuse.

Depuis 26 ans, elle fait partie de la chorale de son église, où ses amis admirent son dévouement envers le système d’approvisionnement en sang.

« Mes confrères et consœurs de la chorale m’encouragent et me félicitent constamment, indique Lucille. Tout le monde aime m’entendre parler du don de sang. Un grand nombre d’entre eux ne peuvent donner, ils sont donc bien contents de voir que je peux et veux le faire. »

Lucille est fière d’être la Canadienne comptant le plus grand nombre de dons de sang. Elle prévoit continuer à donner le plus longtemps possible. À ceux qui envisagent de devenir donneurs, elle donne le conseil suivant : « Il n’y a rien à craindre. C’est nécessaire. Essayez-le. »