Receveurs

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Omer et Helen Dorion habitent à London, en Ontario. Il y a quelques années encore, ils ne s’étaient jamais considérés comme particulièrement chanceux. Heureux? Oui. Chanceux d’avoir des enfants et des petits-enfants affectueux? Bien sûr! Capables de profiter de leur semi-retraite – ce qui veut dire de nombreuses parties de golf pour Omer? Sans aucun doute. Mais ils n’ont jamais eu la chance de remporter le gros lot à la loterie.

Ce sentiment a changé le 24 octobre 2007, lorsqu’Omer a subi une rupture d’anévrisme de l’aorte abdominale (un ballonnement soudain suivi d’une rupture de l’artère principale du corps) tandis qu’il se préparait à commencer une partie de golf, au club local, à Woodstock.

« Je me souviens encore de la vague de douleur, semblable à une décharge électrique, qui m’a traversé le corps lorsque l’anévrisme s’est rompu. Je suis tombé à genoux, raconte Omer. C’était le pire jour de ma vie, mais aussi celui où j’avais eu le plus de chance. C’est ce qu’un médecin nous a dit après coup. Très peu de gens survivent à ce qui m’est arrivé. Il nous a dit que les risques que je meure avoisinaient 99,99 pour cent ce jour-là. »

On peut donc dire qu’Omer a alors remporté le gros lot. Par chance, il était arrivé au terrain de golf juste avant que son aorte ne se rompe, de sorte que ses partenaires de jeu ont pu immédiatement composer le 911. Bien qu’à l’Hôpital général de Woodstock (le plus proche), on ait diagnostiqué l’anévrisme, on ne pouvait procéder à la chirurgie. Le centre hospitalier le plus proche qui pouvait se charger de cette intervention était situé à London, à 25 minutes de là.

Tandis que les médecins de Woodstock prévenaient l’Hôpital Victoria du Centre des sciences de la santé de London, Omer y était transporté d’urgence en ambulance, en proie à une hémorragie interne et dans un état critique. Pendant ce temps, à London, on s’affairait à préparer l’équipe de chirurgie et la salle d’opération pour réparer l’aorte d’Omer avant qu’il ne perde tout son sang.

Ils ont réussi. L’équipe chirurgicale l’a accueilli à la porte, et après avoir reçu plus de 50 unités de globules rouges, de plasma et de plaquettes au cours d’une intervention de plus de 12 heures pour réparer la perforation, Omer a finalement été transféré aux soins intensifs, où il est resté pendant les cinq semaines suivantes. Sa femme, Helen, déclare que les médecins lui ont même dit qu’à un moment donné, ils ont craint de ne pouvoir le sauver.

« Je suis très reconnaissant envers tous les donneurs de sang, souligne Omer. S’il n’y avait pas eu de sang disponible, tout ce beau synchronisme n’aurait servi à rien. Grâce à leur générosité, les donneurs de sang m’ont maintenu en vie suffisamment longtemps pour permettre aux chirurgiens de me sauver. J’ai remporté le gros lot ce jour-là, cela ne fait aucun doute. »

L’un des donneurs envers qui il est le plus reconnaissant, c’est sa femme, Helen; elle donne depuis longtemps du sang, des plaquettes et du plasma. Elle a récemment franchi le cap des 370 dons à l’établissement de collecte de London. Bien qu’elle n’ait probablement pas été parmi les donneurs qui ont sauvé Omer, elle et son mari illustrent bien le lien vital qui unit les donneurs et les transfusés.

Après un hiver de convalescence, Omer a repris le golf en mai 2008 et continue de jouer en moyenne trois fois par semaine. Tout est affaire de synchronisme – désormais, cette expression s’applique surtout à l’élan d’Omer.

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