Info-sang

Quel est votre groupe sanguin?

Êtes-vous du groupe A, B ou encore AB? À moins que vous ne fassiez partie du groupe O? Et qu’en est-il du facteur rhésus?

La plupart des gens connaissent les quatre principaux groupes sanguins et le rhésus, mais ignorent qu’il existe de 30 à 40 autres systèmes de groupe sanguin ayant chacun leur sous-système. Dans la majorité des cas, la détermination du groupe ABO et du facteur rhésus du malade suffit pour effectuer une transfusion. Il est toutefois crucial de connaître les autres systèmes de groupe sanguin qui caractérisent le malade s’il bénéficie fréquemment de transfusions.

« Le phénotypage d’un patient permet d’obtenir des informations sur les autres systèmes de groupe sanguin en jeu », explique Zofia Salomon de Friedberg, chef des services diagnostiques à la Société canadienne du sang (centre de l’Ontario).

« Nous avons dans l’organisme de nombreuses protéines. Codées par les gènes et interagissant entre elles, elles remplissent des fonctions précises. Ce sont elles qui font par exemple qu’une personne a les cheveux châtains ou blonds, ou les yeux bleus ou bruns. Elles sont de véritables cartes d’identité. Il en va pour les yeux et les cheveux comme pour les groupes sanguins. Pour les déterminer, nous cherchons sur les cellules sanguines des protéines appelées antigènes. »

Un grand nombre d’an-tigènes de groupe sanguin sont présents à la surface des globules rouges. La plupart ne posent aucun pro-blème si le malade n’a besoin que d’une transfusion. Par contre, les antigènes autres que ceux des systèmes ABO et rhésus peuvent avoir de graves conséquences sur le malade lors de transfusions multiples à partir du moment où son système immunitaire reconnaît les cellules sanguines perfusées comme étrangères ou incompatibles et produit des anticorps pour les combattre.

La transfusion de sang incompatible peut provoquer une réaction hémolytique. Le système immunitaire du receveur réagit alors contre les cellules sanguines transfusées et les attaque. Ce problème se répercute sur les autres cellules et tissus du corps et peut entraîner une hypotension artérielle, une insuffisance rénale et même la mort.

« Environ 10 pour cent des patients produisent des anticorps en réaction à une transfusion de globules rouges ou de plaquettes. La compatibilité des autres systèmes de groupe sanguin du donneur doit donc, dans de tels cas, être très précisément établie. Souvent, le donneur choisi est de la même origine ethnique que le malade », ajoute Zofia.

En général, la fréquence des groupes sanguins varie d’une communauté ethnique à une autre. À titre d’exemple, le groupe B est plus répandu chez les Noirs et les Chinois, et le rhésus négatif, très rare chez ces derniers. Le groupe Fy(a-b-) est très fréquent chez les Noirs (68 pour cent d’entre eux en font partie), mais rare chez les individus de type caucasien. Les personnes souffrant de drépanocytose, une maladie touchant beaucoup plus souvent les Noirs que d’autres groupes, ont donc plus de chances de trouver un donneur compatible dans leur communauté ethnique.

« Donner du sang est un geste de solidarité communautaire et tous les malades doivent avoir accès aux produits sanguins qui leur conviennent le mieux. C’est pourquoi il est essentiel de recruter des donneurs d’origines ethniques aussi diversifiées que possible. »